du Kilimanjaro a Morogoro

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Tanzanie - Morogoro
de virginie, le 23-10-2006

du Kilimanjaro a Morogoro

Le Kilimanjaro, un vieux volcan, est le toit de l’Afrique, il culmine à 5895m. Depuis 1977, le parc national du Kilimanjaro existe afin de préserver son environnement. Et c’est quelque 10 000 personnes par an qui s’attaquent aux pentes de ce monstre sacré. Et oui, je ne serais certainement pas la première, ni la dernière, à vouloir atteindre Uhuru Peak, mais qu’importe, la magie de ce sommet restera intacte à mes yeux.
Le 6/10, Lionel part pour Zanzibar à l’heure du déjeuner et je passe le reste de la journée à rassembler l’argent qui me permettra de tenter l’ascension du Kilimanjaro. Ce n’est pas très romantique mais cette ascension a un prix! A la fin de la journée, je repars de l’agence avec le matériel de montagne. Ne reste plus qu’à poser un pied devant l’autre jusqu’au sommet…
Après un trajet un bus jusqu’au Machame Gate (1700m) et quelques calages dudit bus, qui ont bien failli nous rallonger encore le plaisir de la montée, nous commençons l’ascension par la traversée de la forêt tropicale. Nous, un groupe de 7 « clients » et 17 personnes incluant porteurs, guides, et cuisinier. Pas question de monter seul, c’est strictement interdit. Notre caravane prend des allures d’expédition.
Chaleur moite, des lianes géantes s’enroulent goulûment autour des arbres dont les troncs disparaissent sous les fougères. La sueur perle sur mon front. Il se met à pleuvoir. La forêt s’éclaircit et des lichens argentés s’effilochent sur les branches des arbres. Nous atteignons le campement, Machame Hut (3000m), sans guide. Nous apprendrons plus tard qu’un de nos porteurs s’est blessé dans la montée et qu’un guide est reparti chercher le camping gaz oublié dans le bus…
Le lendemain, l’ascension continue, dans le brouillard et sous une pluie intermittente. Et pourtant la vue pourrait être magnifique, une courte éclaircie nous a permis d’en savourer un petit morceau. De gros blocs de cailloux ont détrôné les arbres, des scénécons et des lobélies apparaissent. Nous arrivons au campement, sur le plateau de Shira (3800m), en début d’après-midi, juste avant une grosse averse. Ce soir-là, le coucher de soleil est fantastique. Le soleil se noie dans des nuages en feu et les arbres apparaissent en ombre chinoise.
Le 9/10, je commence la journée pas très réveillée. Le froid et l’altitude m’ont tenu en éveil une bonne partie de la nuit. Nous avons atteint Lava Tower à 4600m, un promontoire rocheux au milieu d’un paysage désolé, pour le déjeuner, puis nous sommes descendu dans le brouillard sur Barranco Hut (3900m). Devant nous s’élève le Barranco wall où nous essayons vainement de discerner le chemin du jour suivant. Je m’écroule de fatigue et cette fois je ne tarde pas à m’endormir.
Enfin, nous apercevons les sommets enneigés dès le lever du soleil. Le Barranco wall est finalement moins difficile qu’il n’y parait. Une descente puis la montée continue pour atteindre le dernier point d’eau avant le sommet. Le soleil rayonne et je resterai bien en profiter un moment mais le guide n’est pas de cet avis. Encore une longue montée avant d’atteindre la Karanga Valley baignée par le brouillard. Du coup la pause déjeuner se fait en accéléré. Traversée de la Karanga Valley avant une dernière montée dans un désert de cailloux pour joindre le dernier campement avant l’ultime ascension, Barrafu Hut (4600m). Nous dînons vers 17h00 avant de nous coucher pour quelques heures. Impossible de trouver le sommeil… l’excitation et l’altitude sûrement.
Réveil peu avant minuit. Petit déjeuner frugal composé de thé noir et de biscuits. Nous commençons la montée, en file indienne, derrière notre guide Isaac, mais nous ne sommes plus que 6… Nele, a jeté l’éponge, trop fatiguée. Il est minuit quarante et la nuit est claire grâce à une lune éclatante. 4800m, altitude du Mont Blanc, mes globules rouges travaillent à merveille et je ne souffre pas du mal de l’altitude. 5100m, le souffle est calé et nous continuons à avancer « pole, pole » (doucement, doucement, en swahili, expression fétiche des guides). 5200m, je commence à avoir froid. Puis notre guide s’impatiente et change de rythme en voulant doubler les groupes nous précédent. Le groupe s’étire. Je m’essouffle. Envie de vomir. Je lâche Issac. 5300m, j’ai l’impression de faire du sur place.J ai rejoins le groupe de tête. 5400 m, mon corps entier est frigorifié. 5500m, j’avance comme un automate. 5700m, notre guide montre des signes de fatigue, il est derrière nous. Les derniers mètres avant Stella Point me semble interminable. Enfin j’atteints le bord du cratère alors que le soleil pointe à l’horizon. Brève halte puis nous repartons vers Uhuru Peak, 200 m plus haut. Je traîne les pieds, épuisée. A ma gauche, j’admire le glacier qui rosit sous les premiers rayons du soleil. A cette altitude il ne reste plus qu’environ 50 pour cent d’oxygène et chaque pas est une petite victoire sur moi-même.
UHURU PEAK, 5895m ! Il est presque 7h00. En quelques minutes le groupe se reforme, nous avons réussi tout les 6. Isaac me félicite en prenant dans ses bras mais je n’ai même pas la force d’en faire de même… J’aimerais savourer ce moment plus longtemps… Le glacier luit à présent sous le soleil.
De retour au camp, après une mauvaise descente pour les genoux, dans les éboulis, un porteur nos accueille avec un verre de jus d’orange. 9h30, je file me coucher.12h00, réveil pour le déjeuner puis nous plions les affaires. Nous devons atteindre en fin de journée Mweka Camp à 3100m. Descente éreintante et en plus le paysage n’est même pas joli.
12/10, encore quelques heures de descente dans la forêt tropicale pour rejoindre Mweka village (1600m). Le chemin est glissant mais les porteurs ne semblent pas s’en soucier. Certains dévalent le chemin en courant. Retour à Arusha pour une longue douche et l’inéluctable lessive. La soirée se prolonge au Via-Via avec notre groupe, le guide-chef, Youssouf et le cuistot. Ces deux derniers sont déjà bien éméchés à leur arrivée. C’est l’anniversaire de Youssouf. 29ans mais ses 1m55 au plus et son allure fluette font penser à celle d’un adolescent…
14/10, retour sur la route : Moshi, Kisangara, Same, Mkomazi. Nous suivons une chaîne de montagne pendant plusieurs jours à notre gauche avec la steppe Massaï à notre droite. Le temps est mitigé. Un crachin breton sévit parfois. Le 18/10 la route entre dans la montagne et devient franchement vallonnée. Nous quittons définitivement la savane pour un paysage tropical où la pluie ne ressemble plus du tout à du crachin… Nous sommes même contraint de nous arrêtés à Makata, le 20/10, après seulement 16 petits kilomètres. Notre chambre est bardée de cordes où nous tentons de faire sécher notre linge.
23/10, nous voici maintenant a Morogoro, depuis 2 jours il fait moins humide mais carrement chaud! Nous revoyons des masais et ceux-la sont beaucoup plus sympas, ils disent bonjour et ne demandent pas d argent. Il faut dire aussi que la region est moins touristique...

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